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Combien faut-il épargner par mois : méthodes simples pour définir votre objectif d’épargne

Combien faut-il épargner par mois : méthodes simples pour définir votre objectif d’épargne

Combien faut-il épargner par mois : méthodes simples pour définir votre objectif d’épargne

Combien faut-il épargner par mois ? 50 €, 200 €, 500 € ? Si vous cherchez une réponse magique, universelle, applicable à tout le monde… vous allez être déçu. Par contre, si vous voulez une méthode simple, chiffrée, pour définir votre objectif d’épargne mensuelle sans vivre au pain sec, là on peut travailler ensemble.

Vous n’avez pas besoin d’être bon en maths, juste honnête avec vous-même et un minimum curieux. On va poser un cadre clair, quelques règles simples, et surtout des exemples très concrets.

Pourquoi la question « combien par mois » est piégeuse

La plupart des gens posent la question dans le mauvais sens. Ils demandent : « Combien faut-il épargner ? », alors qu’ils devraient demander : « Pour quoi je veux épargner ? ».

Économiser 300 € par mois n’a pas le même sens pour :

En finance personnelle, le chiffre sans contexte ne vaut pas grand-chose. Ce qui compte, c’est l’alignement entre :

La bonne question devient donc : combien dois-je épargner par mois pour atteindre mes objectifs, sans exploser mon niveau de vie ?

Commencer par le début : clarifier vos objectifs

Avant de parler chiffres, on va parler vie. La vôtre.

Vos objectifs d’épargne se répartissent en trois blocs très concrets :

Ce tri est essentiel, car il va conditionner :

Exercice rapide (oui, c’est le moment de prendre un papier) : notez pour chaque horizon :

Par exemple :

On va maintenant transformer ça en objectif mensuel concret.

La méthode simple du pourcentage de revenu (et comment l’adapter)

On entend souvent parler de la règle des 50 / 30 / 20 :

Est-ce une bonne règle ? Oui… mais seulement comme point de départ. Dans la vraie vie, avec loyers délirants, inflation et salaires parfois figés, beaucoup de foyers ne peuvent pas aligner un joli 20 % dès le début.

Voici une grille un peu plus réaliste :

Ce pourcentage, c’est votre taux d’épargne cible. Il sert de boussole. Mais on peut faire mieux que « au doigt mouillé ». On va rendre ça chiffré, logique, presque mathématiquement sexy.

4 questions pour calculer un objectif d’épargne mensuelle réaliste

On va utiliser une méthode simple, en quatre questions :

1. Combien gagnez-vous réellement par mois ?

On parle de revenu net qui tombe sur votre compte : salaires, allocations, pensions, etc. Si vos revenus sont variables, faites une moyenne sur 6 à 12 mois.

2. Combien coûtent vos charges fixes ?

Loyer ou crédit immobilier, factures, abonnements, transport, mensualités de crédit, impôts mensuels, frais de garde, etc. Tout ce qui est obligatoire et revient tous les mois.

3. Combien dépensez-vous en « variable » ?

Courses, restaurants, sorties, shopping, petits plaisirs, imprévus, essence variable… Calculez la moyenne sur 3 mois. Ce n’est pas agréable à regarder, mais c’est souvent là que se cache le vrai potentiel d’épargne.

4. Que reste-t-il théoriquement ?

Revenu net – charges fixes – dépenses variables moyennes = capacité d’épargne théorique.

Si le chiffre est :

En pratique, votre objectif d’épargne mensuelle devrait être :

entre 50 % et 80 % de votre capacité d’épargne théorique

Pourquoi pas 100 % ? Parce que la vie n’est pas un fichier Excel. Il y a toujours des retards, des oublis, des invitations de dernière minute, un lave-linge qui lâche, etc. Laisser une marge évite de devoir piocher en permanence dans l’épargne, ce qui est démotivant.

La règle des 3 filets de sécurité : où va cet argent ?

Maintenant que vous avez un objectif mensuel global (par exemple 200 € par mois), la question suivante, c’est : où le placer ?

On va diviser votre épargne en trois « filets » :

Objectif : constituer de 3 à 6 mois de dépenses essentielles (loyer, nourriture, factures, transports). C’est votre matelas en cas de coup dur : perte d’emploi, gros frais imprévus, souci de santé.

Support typique : Livret A, LDDS ou autre livret bancaire disponible et sécurisé.

Tant que ce fonds n’est pas atteint, la priorité est claire : au moins 50 % de votre épargne mensuelle va dessus.

Vacances, apport immobilier, voiture, projets de vie…

Support typique : livrets, assurance-vie en fonds euros, voire un peu d’unités de compte pour le moyen terme si vous acceptez un minimum de risque.

Objectif : construire un capital qui va travailler pour vous. On est sur du long cours : 10, 20, 30 ans.

Supports typiques : PEA, assurance-vie en unités de compte, PER, investissements réguliers en ETF, immobilier locatif, etc.

Répartition indicative si vous avez déjà 1 à 2 mois de sécurité :

Ce n’est pas une loi gravée dans le marbre, mais un point de départ structuré.

Exemples concrets : combien épargner par mois selon sa situation

Passons aux chiffres (les vrais, ceux qui piquent ou qui rassurent).

Profil 1 : Célibataire, 1 400 € nets par mois, loyer 550 €

Objectif d’épargne réaliste : 30 € par mois pour commencer (soit un peu plus de 2 % du revenu), avec ambition de passer à 50 €, puis 70 € en travaillant la partie « variable » (petits plaisirs, sorties, achats impulsifs).

Stratégie :

Profil 2 : Couple avec 2 enfants, 3 500 € nets à deux, crédit immobilier 900 €

Objectif d’épargne raisonnable : 250 à 300 € par mois (7 à 8,5 % du revenu, 60 à 75 % de la capacité théorique).

Répartition possible :

Profil 3 : Cadre célibataire, 4 000 € nets, loyers élevés mais peu de charges

Ici, on peut être plus ambitieux. Taux d’épargne cible : 25 % à 30 % du revenu, soit 1 000 à 1 200 € par mois.

Répartition possible :

Vous pouvez vous amuser à reproduire cet exercice avec vos propres chiffres. Il n’y a pas besoin d’être « riche » pour épargner, mais il est indispensable d’être lucide.

Automatiser, oublier, ajuster : la vraie clé de l’épargne mensuelle

La plupart des plans d’épargne échouent pour une raison simple : ils reposent sur la volonté. Or, la volonté après une longue journée de travail, face à une promo sur un smartphone, est une ressource très limitée.

La solution : automatiser au maximum.

Concrètement :

L’épargne, ce n’est pas un acte héroïque ponctuel. C’est une habitude presque ennuyeuse, répétitive, mais terriblement efficace.

Autre astuce psychologique : fractionner l’effort. Si 150 € par mois vous semblent énormes, dites-vous que c’est 5 € par jour. Une bière, un snack, un petit achat Amazon en moins par jour. Vu sous cet angle, ça ressemble plus à un réglage de lifestyle qu’à un sacrifice.

Et si vous n’arrivez pas à épargner « assez » ?

Beaucoup de personnes abandonnent parce qu’elles se comparent à des exemples extrêmes : « Lui épargne 1 000 € par mois, moi 30 €, ça ne sert à rien ». C’est faux.

À 30 € par mois, placés à 5 % de rendement annuel moyen, sur 20 ans, vous obtenez environ 12 000 €. Ce n’est pas de quoi acheter un château, mais c’est largement mieux que zéro. Et surtout, ce n’est jamais le montant de départ qui fait la différence, c’est :

Si aujourd’hui vous avez du mal à dégager 20 € par mois, l’objectif n°1 n’est pas financier, il est structurel :

L’épargne n’est pas réservée aux hauts revenus. Mais elle exige parfois un temps de « remise à plat » de son budget et de ses priorités.

Retenez ceci : mieux vaut épargner 20 € par mois toute votre vie que 200 € pendant seulement 6 mois. La puissance, c’est la durée.

En fin de compte, la vraie question n’est pas « combien faut-il épargner par mois ? » mais plutôt : « quel montant suis-je capable d’épargner aujourd’hui, régulièrement, sans me saboter, tout en ayant un plan clair pour l’augmenter demain ? ».

À partir du moment où vous avez :

vous n’êtes plus dans le flou. Vous êtes dans une stratégie. Et c’est exactement là que commence la liberté financière : pas avec un gros montant, mais avec un plan simple que vous appliquez mois après mois.

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